LE PLANNING

Le biofioul F10 généralisé en 2024 ?

La mise sur le marché anticipé du F30 a bouleversé le planning de déploiement des produits initialement établi. Celui-ci prévoyait la mise sur le marché en priorité du biofioul F10, contenant 10% de colza, en 2022. Le F30 (30%) ne devait arriver qu’en 2024. Or, ce calendrier a dû être inversé. Ainsi, le F30 sortira dès 2022, pour alimenter les chaudières biocompatibles neuves. Le F10 ne pourra être mis sur le marché qu’en 2024, pour des questions de logistique.

Dès 2024, le F10 pourrait se substituer immédiatement et intégralement au fioul 100% fossile. En effet, à 10% d’énergie renouvelable, ce biocombustible est compatible avec la quasi-totalité du parc des chaudières installées. Ainsi, le fioul 100% fossile pourrait disparaître dès 2024 : les chaudières les plus récentes, installées à partir de 2022, fonctionneront au F30, tandis que les matériels moins récents seraient alimentés en biofioul F10.

Toutefois, cette substitution intégrale du fioul 100% fossile par le biofioul ne pourra s’effectuer que dans le cadre d’une décision réglementaire. Elle ne pourra pas être le fruit que de la seule volonté des professionnels.

Par ailleurs, la trajectoire envisagée pour le déploiement des différents produits biofioul repose sur un paramètre fiscal important. En effet, le surcoût de l’Emag de colza par rapport au fioul fossile peut être un frein important au développement du biofioul. Pour un produit à 10% d’Emag de colza comme le F10, ce surcoût est d’environ 55 €/m3: 50 € correspondent au surcoût de la production d’Emag par rapport à la molécule pétrolière; 5 € de frais logistiques pour le financement des investissements nécessaires.

Ce différentiel est aggravé par une fiscalité inappropriée au regard des enjeux de développement des énergies renouvelables. Sans adaptation de la fiscalité, le biofioul risque de ne pas pouvoir se développer rapidement.

C’est pourquoi, les acteurs de la chaîne du biofioul appellent à la fixation d’une fiscalité incitative pour cette nouvelle énergie. Ceci permettrait de déployer le biofioul dès 2022, sans impact supplémentaire sur le pouvoir d’achat des consommateurs.